Deux thèses soutenues par Laura Bonnefond et Julien Bouvet dans le cadre du projet PACS et des missions ECOPOLARIS du GREA !

Après Léa Etchart (voir actu du 2/11/2024), deux nouvelles thèses de Doctorat ont été soutenues avec succès en décembre 2025 dans le cadre du projet ANR PACS (« PArental Care Strategies » ; 2022-2026) menées en partenariat entre l’Université Marie et Louis Pasteur (Besançon), l’Université Claude-Bernard Lyon 1 et le GREA (missions ECOPOLARIS).
En collaboration avec le laboratoire CEBC-CNRS de Chizé, Laura Bonnefond a étudié, à de très fines échelles spatiales et temporelles, l’écologie spatiale des renards polaires dans le NE du Groenland avec des données récoltées sur les sites de Hochstetter, Karupelv et Zackenberg).
En collaboration avec le laboratoire LEHNA-CNRS de Lyon, Julien Bouvet a modélisé les stratégies de prise de décision optimales adoptées par les limicoles au cours de l’incubation.
Les résultats de leurs travaux seront disponibles dans la rubrique publications au fur et à mesure de leurs parutions.
Sont remerciés tout particulièrement les organismes partenaires de ces thèses, pour avoir permis son avancement et sa concrétisation : l’Université de Bourgogne Europe, l’Université Claude-Bernard Lyon 1 le CNRS (programme SEE-Life), l’Agence Nationale de la Recherche (projet PACS), ainsi que l'Institut polaire français Paul-Émile Victor (programme Interactions) et les principaux et fidèles partenaires privés des missions Ecopolaris : Moulin des moines, Columbia, Les Jardins de Gaia, Lestra,.
La thèse de doctorat de Laura Bonnefond sur les mouvements des renards polaires.
Le mardi 2 décembre 2025, au Centre d’Études Biologiques de Chizé, Laura Bonnefond s’est vu décerner le titre de Docteure en Biologie des populations et écologie. Sa thèse, intitulée « Caractérisation à fine échelle des mouvements des renards polaires (Vulpes lagopus) & leur impact sur la reproduction des bécasseaux arctiques », a été réalisée à partir de données GPS collectées entre 2017 et 2023 par les biologistes du GREA sur une vingtaine de renards polaires et notamment sur le site des missions Ecopolaris.
L’originalité de cette thèse résidait dans la fine échelle temporelle à laquelle les données GPS ont été récoltées (i.e., une localisation toutes les 5 minutes), quand la plupart des études conduites sur les prédateurs arctiques utilisent des données collectées à de larges échelles spatiotemporelles. Cette thèse présentait également la particularité de s’intéresser à la relation prédateur-proies accidentelles, des interactions encore énigmatiques malgré d’importantes conséquences potentielles pour les espèces en présence.
Les analyses de Laura ont démontré que les renards polaires ajustent leurs mouvements à l’échelle intrasaisonnière, probablement afin de tirer profit de la relative abondance des ressources en milieu de saison. En revanche, les mouvements des renards semblent plus stables à large échelle spatiotemporelle, sans doute pour compenser les périodes de pénurie alimentaire. Pour les bécasseaux arctiques, une forte activité des renards se traduit par une plus faible survie des nichées. Un fort risque de prédation est aussi synonyme d’initiation de l’incubation plus précoce, sans doute car les contraintes biotiques et abiotiques contraignent les oiseaux à initier leurs nids tôt, même si les zones alors disponibles sont facilement repérables.
Vous pouvez retrouver les articles de Laura sur la page dédiée et sa thèse sur le site HAL.
Cette thèse s’inscrit dans la continuité de celle de Léa Etchart, et vise à mieux comprendre les relations proies-prédateurs dans un contexte de changement climatique. L’Arctique se réchauffant à une vitesse estimée comme quatre fois supérieure comparée à la moyenne mondiale (Rantanen et al., 2022), il est crucial de documenter le comportement des espèces inféodées à ces milieux.
La thèse de Julien Bouvet sur la modélisation du comportement des bécasseaux lors de l’incubation.
À travers ses travaux, qui feront l’objet de trois publications dans des revues internationales d’écologie, Julien s’est attaché à mieux comprendre les stratégies de prise de décision optimales adoptées par les limicoles au cours de l’incubation. Ces recherches ont notamment permis de préciser l’effet du risque de prédation sur les soins uniparentaux et biparentaux, d’affiner la compréhension de la dynamique des allers-retours des parents alternant entre incubation et alimentation, et enfin d’estimer dans quelle mesure les proies tendent à privilégier la détection des prédateurs présents dans leur environnement plutôt que leur propre dissimulation.
Publication : 21 avril 2026

